Visite (4e partie)

Publié le par ROBERT MARTIN

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1ère partie : http://ptitbob.neufblog.com/juste_comme_a/2007/01/la_nuit_avait_d.html

2ème partie : http://ptitbob.neufblog.com/juste_comme_a/2007/02/visite_suite.html

3ème partie : http://ptitbob.neufblog.com/juste_comme_a/2007/03/visite_3e_parti.html

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Souvenez-vous : ma grand'mère était venue me rendre visite. L'étrange de l'histoire est qu'elle était décédée près de six mois auparavant. Comment parler de cet évènement - car c'en fut un - sans passer pour le fou que je croyais devenir ?

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Etait-ce son départ et son absence qui me torturaient ou cette visite inattendue et bouleversante ? Je crois que que les deux me faisaient souffrir par le conflits des sentiments brutaux que je recevais sans m'y attendre. Je ne comprenais rien, n'en parlais pas et étouffais de cet air venu de je ne sais où et auquel mon corps, ma raison et, aujourd'hui je peux le dire, mon âme n'étaient aucunement accoutumés.

Ma délivrance viendra d'une artiste. Une femme qui enchanta mes journées solitaires d'enfance, une femme qui pour moi, pendant longtemps était l'amie secrète à qui l'on écrit enfermé seul dans sa chambre et à qui l'on confie ses peines, ses joies, ses projets et ses jours. Une femme alors inaccessible. Mes courriers d'enfants, je ne les lui ai pas tous envoyés et a-t-elle reçu et lu ceux postés, je ne la sais pas. Aujourd'hui, tout cela n'a aucun importance.

Dans mes écrits d'enfants, je lui parlais de mes différences, de mes solitudes. Même si l'aimer, elle, l'artiste, était une délivrance incomprises par un entourage incompréhensif qui ne comprenait pas l'attrait, voir même le talent (et pourtant...) qu'elle pouvait bien avoir.

Si vous êtes des fidèles de cet endroit, vous aurez compris que cette artiste,cette femme, c'est SHEILA.

Chemins

Et si j'en viens à cet instant à vous parler d'elle, c'est parce que c'est elle qui m'a ouvert la première porte sur une délivrance rongeuse et étourdissante que fut pour moi et LA visite et les jours et les nuits qui suivirent.

Alors qu'elle avait mit sa carrière de chanteuse entre parenthèses, Sheila se mit à l'écriture. Son premier livre sera "CHEMINS DE LUMIERE"(1). Elle s'y révélait par le biais d'une facette inconnue pour moi et pour beaucoup de gens. Elle y parlait de ses expériences ésotériques, de ses croyances religieuses et philosophiques, de la réincarnation et de l'au-delà, pour ne citer que cela. Ce livre m'a captivé. Sheila me montrait un chemin qui me mènerait, peut-être pas immédiatement à la Lumière, mais vers d'autres routes intérieures, d'autres voies silencieuses et apaisantes, comme un guide vous montre une direction.

Celle qui avait ensoleillé mes journées d'enfances, celle qui n'avait fait "que" chanter, changeait momentanément de cap pour m'embarquer malgré elle vers d'autres horizons éclairés. Malgré elle ? Vraiment ? Le hasard (s'il existe) ne pouvait alors pas faire meilleur ouvrage.

"Chemins de Lumière" fut une porte que Sheila m'aida à pousser. Je l'en serais à jamais reconnaissant. S'il avait fallu l'aimer tant d'années pour en arriver là, alors l'amour quel qu'il soit, même celui porté à un artiste, à une chanteuse populaire injustement décriée, vous rend au centuple l'attention qu'on lui a prêtée. (J'en vois encore certains sourire à la lecture de mes mots mais s'ils savaient comme je me moquent de leurs incompréhensions, pour ne pas dire ignorance !)

Chemins_de_lumiere 

Le livre de Sheila me mena vers d'autres lectures qui me firent découvrir des aspects de moi même insoupçonnés ou enfouis. Certains instants de ma vie me furent plus claires, moins lourds à peser. Une compréhension nouvelle et pourtant évidente des choses ressenties fleurissaient en moi.

Ma grand mère (coucou Mémée !), je le sais aujourd'hui, était venu me dire qu'il existe autre chose, qu'il faut chercher. Mais chercher quoi ? Chercher où ?

Sheila a ensuite mis mes pas sur la première marche de cet escalier en colimaçon qui mène là où est LA Lumière en me montrant ma propre Lumière. Jusqu'où va cet escalier ? Même si j'en ai une idée, je préfère dire que je n'en sais rien. L'essentiel est que chacune de ses marches est une connaissance, parfois une révélation ou une confirmation. Et à eux qui continuent niaisement de sourire à mes propos, je leur réponds que de toute façon cela ne fait de mal à personne et qu'à moi, cela me fait un bien fou, que je les plaints.

Sans l'amour que nous nous sommes portés, sans l'amour que nous nous portons, ma grand'mère aurait-elle fait ce chemin vers moi après son adieu ? Sans l'amour (certes infiniment différent) que je porte à Sheila, aurais-je lu ses "Chemins de Lumière" ? Je n'en sais rien et ne veux pas le savoir. C'est mon chemin et je le poursuis le coeur battant.

Lumiere Photo : P'tit Bob

(1) :"Chemins de lumière" - SHEILA

Editiond J.C. Lattès - 1993 -

   

    

 

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Publié dans Et si c'était vrai

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