Quand on écrit
On lève un bout du voile
Quand on écrit.
Mais les mots ont un secret
Divulgué sur le papier gratté,
Secret d'un autre Moi
Qui alors apparait.
Car les mots sont autant de masques
Qui nous protègent d'un sentiment,
D'une pudeur, d'une bourrasque,
D'une joie, d'un tourment.
Le secret que l'on croyait divulgué
Reste dans son cocon de lettres,
Attend d'être lu puis pensé
Au sens qu'on lui prête.
On découd un peu la toile,
Quand on écrit.
Si l'on peut tout raconter, tout narrer,
On est seul à la page,
Avec son coeur, sa plume et son langage,
Souvent long à démarrer.
Et lorsqu'on se cache derrière un mot,
On crée la métaphore,
Et l'on devient plus doux, salaud,
Ou pire encore.
Un mot pour un autre
Et c'est la catastrophe,
Une virgule, une autre,
Et le ver devient strophe.
On rabaisse le voile,
Quand on écrit.
Par manque d'adresse ou de vocabulaire,
L'encre annule le message,
Alors que la plume suivait le coeur sincère,
Il est dit le contraire.
Le secret que l'on voulait divulguer
Et remplacé par une autre émotion,
Le masque que l'on voulait tombé,
Mutilé par l'interprétation.
On peut toujours écrire Aimer
Sans dire de quel amour,
Mais l'on est incomplet, et toujours,
Le secret reste entier.
On recoud la toile,
Quand on est incompris.
Car s'il est beau d'écrire,
Il reste d'être lu.
P'tit Bob