Poêmes, Chansons, Citations...

Mercredi 11 avril 2007 3 11 /04 /Avr /2007 00:43

Le Maître dit :

"Fermez les yeux. Il n'est même pas nécessaire de fermer les yeux, il vous suffit d'imaginer la scène suivante : Une bande d'oiseaux en vol. Bon, maintenant dites-moi, combien d'oiseaux voyez-vous : cinq ? onze ? dix-sept ?

"Quelque soit la réponse - et il est toujours difficile de donner le nombre exact -, une chose est évidente dans cette petite expérience. Vous pouvez imaginer une bande d'oiseaux, mais leur nombre échappe à votre contrôle. Pourtant, la scène était claire, définie, précise. Quelque part se trouve la réponse à cette question.

"Qui a déterminé le nombre d'oiseaux devant apparaître dans la scène imaginée ?

Ce n'est pas vous."

Vol_d_oiseaux_3

Texte extrait de "MAKTUB"

de Paulo COELHO

Par ROBERT MARTIN - Publié dans : Poêmes, Chansons, Citations...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 8 avril 2007 7 08 /04 /Avr /2007 15:25

Il n'est pas où un enfant pleure

Où la haine a cloué le coeur

Des hommes épris de vengeance

Je ne l'ai pas vu dans nos guerres

Quelquefois pas dans nos prières

N'implorant qu'un peu de chance

Je ne l'ai pas vu souvent

Dans une main tendue cherchant

A se mettre en lumière

Dans le flou qu'on tolère

Mais je l'ai vu à où les hommes à genoux

Demandent pardon et avouent

Ne pas croire en sa présence

Et je l'ai vu loin des villes, des cathédrales

Là où l'amour détruit le mal

Dans le miracle d'une naissance

Et je l'ai vu dans le silence

Il n'est pas où des hommes sourds

N'entendent plus rien à l'amour

Là où les mots sont ceux qui blessent

Je ne l'ai pas vu dans les étoiles

Mais dans l'homme le plus banal

Au détour d'une prouesse

Je ne l'ai pas vu vraiment

Dans nos yeux perdus, attendant

Un peu de vérité

Ni dans la peur d'aimer

Mais je l'ai vu là où les hommes à genoux

Demandent pardon et avouent

Ne pas croire en sa présence

Et je l'ai vu dans un regard, dans un geste

Dans le courage qu'il nous reste

Après des vies de souffrance

Et je l'ai vu dans le silence

S'il est vrai que nos vies sont entre ses mains

Dès que je pense à lui, je sens d'instinct

Un peu de sa force au fond de moi

Je n'attends rien de lui que je n'ai déjà

Qu'importe qu'on le prie

Et qu'on y croit ou pas

Tant diront qu'il n'existe pas

Mais je l'ai vu ans nos villes, nos cathédrales

Là où les gens trouvent normal

D'effacer leur différence

Et je l'ai vu quand l'or de son souffle chaud

M'a montré un chemin plus beau

Comme une intime évidence

J'ai ressenti sa présence

Comme une intime évidence.

Je_l_ai_vu Photo : P'tit Bob

Texte : R. VOISINE

Par ROBERT MARTIN - Publié dans : Poêmes, Chansons, Citations...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 28 janvier 2007 7 28 /01 /Jan /2007 18:12

Vous est-il arrivé une fois d'entendre la Terre parler ?

Moi, oui... Partout où je suis. (...) Elle n'arrête pas de me parler :

"Vous me fatiguez, vous m'épuisez, vous me déchirez avec vos bombes... Vous me poignardez avec vos missiles, vous faites trop de bruit ; je vous donne à boire, je vous donne à manger, et certains trouvent le moyen de laisser les autres mourir de faim... Je vous allaite dès votre naissance, et à la fin de votre vie, je vous reçois, je vous accueille, je me fais lit pour votre repos.

Je vous sucre, je vous pastèque, je vous aubergine, je vous amande, je vous mandarine, je vous fleure, je vous jasmine, je vous donne mes odeurs pour vous égayer, je vous emmène dans ma mémoire jusqu'à vos ancètres, je me tapisse de neige pour vous distraire et de sable pour vous plaire.

Je me grotte, je me roche, je minéralise, je cicatrise vos blessures, je vous donne les fruits de mes entrailles, je vous porte, je vos emporte, je vous supporte, je vous transporte...

Sur chacun de vous, il y a mes empreintes, mes couleurs, mes accents.C'est par ma forme que sont formés les gestes de vos mains quand vous mangez, de vos pieds quand vous dansez. C'est sur moi que tout s'appuie... Votre équilibre vous me le devez. Ne vous ai-je pas ouvert mon ventre pour répondre à vos besoins ? Satisfaire vos caprices ? Abritez vos corps ?

Si je disparaissais,où pourriez-vous planter vos arbres ? Si je retirais mes eaux que pourriez-vous boire ? Si j'emportais mes céréales, mes fruits, mes forêts, mes océans, sur quoi iraient se posr les oiseaux ? Sur quoi iraient courir les cheveaux ? Comment iriez-vous peindre vos gloires, vos vistoires, vos guerres, vos misères, vos haines et vos amours ?

Trop_tard_1  

Quand vous suffoquez qui vous aère ? Quand vous vous chagrinez qui vous console, vous cajole ? Je vous laisse labourer, vous me goudronnez ; je me laisse vendanger, vous me nucléarisez...

Attendez-vous à voir mes rivières sécher, mes montagnes s'écrouler... Ah je vous connais, ceux que vous avez enterrés m'ont tout raconté de vous. Vous ai-je déprimé avec mes jardins ? Vous ai-je stressé avec mes parfums ?

J'étouffe !

Allez vous enterrer ailleurs, votre mort n'est plus dans ma vie... Vous voulez le ciel, allez-y ! Grimpez dans l'air... Réinventez-vous une existence, mais sans moi.

Quand je suis arbre, vous me coupez, quand je suis céréale, vous me brûlez, quand je suis eau, vous me polluez, quand je suis fertile, vous me gaspillez.

Quan je suis Afrique, vous m'affamez, quand je suis pétrole, vous me pompez, quand je suis Nord, vous me modernisez, quand je suis Sud, vous me sous-développez...

Je n'en peux plus !

Qui pourra me ressourcer ? Quel autre peuple pourra m'habiter ? "

Protgeons_la_1  

Vous est-il arrivé une fois d'entendre la terre parler ?

Moi oui.

(Texte de Raouf Ben Yaghlane)

Par ROBERT MARTIN - Publié dans : Poêmes, Chansons, Citations...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 6 janvier 2007 6 06 /01 /Jan /2007 19:41

Le temps passe. On n'y peut rien y faire. Les souvenirs sont ses enfants dont nous sommes nourrices.

Il fut un temps, justement, où j'avais écrit sur lui. Il y a longtemps. Aujourd'hui, je vous livre ce poême... Il était temps !

LE TEMPS EST UN RAPACE

Le temps est un fidèle rapace

   Il survole et vole sur nos têtes

   Et de son aile il menace

   De son invitation, la fête.

      Aigle, il nous sert

      Et nous enserre en ses serres,

      Et le temps se perd

      De jours impairs en pairs.

         Utile et futile,

         Le temps,

         Quel volatile !

   Il nous élève, nous enlève et nous lève

   Pour lentement nous replacer en son nid.

   Inexorablement nous devenons élève

   Sans inégalté du collège de la vie.

Le temps est un fidèle rapace.

   Il sévertue sans vertu et nous tue,

   Et de son bec, il menace

   Et griffe notre corps en mue.

      Aigle, il nous prend,

      Nous apprend et nous rend,

      Et le temps se perd

      Primaire, entre père et mère.

   Il passe sage et sans âge,

   De son message glace nos visages,

   Sur son passage ne remet rien en place.

   Le temps est un rapace.

         Futile et fragile,

         Le temps,

         Quel vol a-t-il ?

Le temps qui passe est un rapace.

Illustration extraite du site de la Fondation de Nicolat Hulot

A visiter : www.fondation-nicolas-hulot.org

Par ROBERT MARTIN - Publié dans : Poêmes, Chansons, Citations...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 19 décembre 2006 2 19 /12 /Déc /2006 18:31

Je me souviens que l'inspiration de ce texte m'avait envahi après l'écoute de chansons de Barbara. Les mots se sont imposés à moi et ma main les a écrits, je dirais même "retranscrits". D'où venaient-ils ? Pourquoi sortaient-ils à cet instant ? Je ne sais pas. Je ne veux pas le savoir.

Aujourd'hui, je vous les propose. C'était il y a quelques années déjà.

NUIT ASSASSINE

Dans la ville immense,

Celle où les oiseaux vous frôlent,

Elle avance,

Pas à pas, baissant les épaules.

Sur les toits froids, la nuit tombe.

Le voile bleu se froisse

Et nait alors l'autre ombre,

Celle qui rend floue l'angoisse.

         Inlassablement, elle avance,

        Soufflant sur son passage une âpre odeur de rance.

Le vent nocturne la porte

De voûtes en porches.

Qu'elle entre, qu'elle sorte,

L'ombre masque sa caboche.

Les lunes d'artifice lèchent les murs,

Les rideaux de soie se tirent

Et se lèvent les murmures

Qui financent les sourires.

La couverture de nuit borde les rues

Où elle poursuit son chemin,

Pressant le pas comme un intrus,

Guettant le coin du sans-lendemain.

     Langoureusement, elle avance,

      Prophétie de la vie qui marque l'ultime sens.

Soudain s'éclaire son oeil.

Fatal face à face

Qui, à coups de cercueil,

Lui fera prendre place.

La colombe éternelle,

A ce lampion de deuil,

Se brûle les deux ailes

Et bénit le linceul.

Dans cette ville immense,

Celle où l'oiseau s'envole,

A nouveau elle s'élance

Dans cette course folle.

Le nappage quotidien de lueur

Coule sur les toits refroidis,

Comme si l'avenir ne serait que douceur

Et image de paradis.

C'est le jour qui pointe

Sur la nuit assassine,

Ignorant que sont jointent

Deux mains orphelines.

Par ROBERT MARTIN - Publié dans : Poêmes, Chansons, Citations...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus